Un sujet d’actualité qui soulève beaucoup de questions…

Chantal Sebire a relancé le sujet tant controversé de l’euthanasie.

Définition de Wikipedia: L’euthanasie est décrite comme une pratique visant à provoquer la mort d’un individu atteint d’une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables, spécialement par un médecin ou sous son contrôle.

Or, cette mort sous contrôle est strictement interdite en France. Tout ce qu’il est permis de faire est de donner des calmants à un malade à l’agonie pour ne pas qu’il souffre trop mais il est interdit de pratiquer un acte provoquant la mort. Je trouve que cela a des avantages et des inconvénients; quoiqu’il en soit, l’euthanasie est selon moi un sujet qui mérite discussion calme et posée et mesures gouvernementales.

Quand on y réfléchit un peu, quels sont les avantages et les inconvénients de donner la mort à une personne?

Tout d’abord, il faut savoir que tout médecin doit, pour exercer son métier, faire foi au serment d’Hippocrate que voici:

Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité. Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité. J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés. J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité. Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.

Euthanasie

Voilà le premier problème, cette phrase: Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Pour les médecins, l’éthique et la morale, cela signifie simplement qu’un médecin ne peut pas provoquer la mort de quelqu’un, il doit essayer de le soigner à tous prix et sans exception. Or, il est dit également dans ce serment que le médecin fera tout pour soulager les souffrances. La mort n’est-elle pas parfois le seul remède servant à soulager les souffrances?

Si, comme moi, vous avez regardé Zone Interdite sur Chantal Sebire, cela vous a sans doute donné matière à réflexion. N’est-il pas cruel et idiot de laisser souffrir des personnes que l’on sait à l’agonie et sans espoir médical alors qu’elles ne demandent qu’à mourir pour abréger une souffrance devenue insupportable?

Cette idée de libérer des souffrances par la mort ne me choque pas, et je ne vous cacherai donc pas que je suis pour l’euthanasie si et seulement si elle est très contrôlée. Car le véritable danger de cette pratique, si un jour elle est autorisée, est l’abus. Il ne faudrait surtout pas que des personnes puissent se servir de ce pouvoir pour tuer des gens dont la vie vaut encore la peine d’être vécue… C’est pourquoi je crois qu’il faudrait que le patient et quelques membres de sa famille, ainsi qu’une commission de médecins (et non un seul) prennent ces décisions. On limite extrêmement le risque si on fait prendre la décision à plusieurs plutôt qu’à un seul patient…

Je pense en tous cas qu’il faut un réel débat, entre patients, entre médecins, pour arriver à une décision intelligente et maîtrisée et surtout ne pas fermer la question sur le simple prétexte que « non, ça ne se fait pas »…